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Gouverner par les nombres en Afrique

La statistique n’a jamais été autant exposée sur la scène internationale. Entre « tragédie des statistiques » et « gouvernement par les nombres », le déficit de données socio-économiques et démographiques en Afrique permettra-t-il de mettre en œuvre l’agenda 2030 sur les Objectifs du développement durable ? Quel rôle jouera alors l’aide publique au développement ?
Afrique contemporaine s’attaque à la statistique en Afrique, la science de l’État par excellence, et décrypte un paradoxe majeur : l’Afrique est à la fois le continent où les besoins sont les plus criants et celui où les capacités de répondre à ces enjeux sont les plus limitées.
Tom A. Moultrie présente les grands défis à venir sur la collecte, l’analyse, la diffusion et l’accès aux données démographiques. Sara Randall donne à voir l’invisibilité statistique des vieilles femmes sahéliennes, des pasteurs nomades et des jeunes hommes. Marc Raffinot questionne l’élaboration de comptes patrimoniaux de finances publiques. Jean-Pierre Cling, Mireille Razafindrakoto et François Roubaud suivent les négociations autour de l’ODD16, tout en décrivant le rôle déterminant des pays africains. Thomas Roca et Emmanuel Letouzé se demandent si la révolution des données est bien en marche. Bertrand Savoye revient sur les quarante années de coopération statistique entre l’Afrique et la France.


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États réformateurs et éducation arabo-islamique en Afrique

Alors qu’elle est restée longtemps en marge des politiques nationales en Afrique, l’éducation arabo-islamique constitue une offre éducative de plus en plus essentielle. Elle est en effet un cadre majeur de socialisation des enfants et des jeunes. À travers une multiplicité d’institutions, ce type d’éducation bénéficie actuellement d’un regain d’intérêt de la part d’une pluralité d’acteurs aux profils, motivations, modes opératoires et orientations parfois concurrents, voire antagoniques.
Afrique contemporaine interroge cet objet peu traité dans le contexte africain et ouvre de nouvelles pistes de recherches pluridisciplinaires. Les analyses se concentrent sur les relations entre États et éducation arabo-islamique, la quantification et la qualification de ce choix éducatif, les stratégies parentales et individuelles, l’ouverture au public féminin, une typologie de l’enseignement arabo-islamique au Sénégal, les liens entre tentatives de réformes et comportements des maîtres coraniques, et enfin les conséquences de la montée en puissance des mouvements réformistes islamiques pour les écoles coraniques « traditionnelles » dans le nord du Nigeria.
En plus du dossier, Cédric Baylocq S. et Aziz Hlaoua éclairent les nouvelles ambitions de la diplomatie religieuse africaine du Maroc ; tandis que Nadia Belaidi étudie les aires transfrontalières en Afrique australe.


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Les diasporas africaines aux urnes

La plupart des pays africains permettent aujourd’hui à leurs résidents à l’étranger de participer aux élections. Ils n’étaient que cinq avant 1990. Comment comprendre la diffusion du droit de vote à distance en Afrique ? Comment ce droit est-il appliqué d’un pays à l’autre ? Quelles influences les diasporas africaines exercent-elles sur les élections ?
Afrique contemporaine présente les résultats de travaux originaux menés par des chercheurs africains, européens et nord-américains. Thibaut Jaulin et Étienne Smith reviennent sur la généralisation du vote à distance et sur sa pratique. Ils montrent en quoi cet objet invite à réfléchir aux transformations contemporaines des sociétés africaines. Elizabeth I. Wellman discute des raisons de l’adoption, de l’abrogation, puis de la réadoption du vote à distance en Afrique du Sud. Étienne Smith cherche à comprendre dans quelle mesure la diaspora sénégalaise « fait » l’élection. Beth E. Whitaker et Salma Inyanji s’intéressent à l’ethnicité comme variable du vote des Kenyans aux États-Unis. Enfin, Mary B. Setrana, Justice R. Kwabena et Owusu Kyei montrent que l’impossibilité pour les Ghanéens aux Pays-Bas de voter à distance, ne les empêchent pas de participer à la vie politique de leur pays d’origine. Enfin, quatre Repères permettent de jeter un éclairage précis sur l’adoption et la mise en œuvre du vote à distance dans les pays arabes, au Sénégal, au Maroc et en Guinée.


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