n° 252
Les nouveaux christianismes en Afrique

Cartes et photos associées

Une ruée des missions chrétiennes vers l’intérieur de l’Afrique, 1860-1914

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Premières installations de congrégations catholiques et de sociétés protestantes

Source : Comby, J. (1992), Deux mille ans d’évangélisation, Paris/Tournai, Desclée/Gedit, Coll. « Bibliothèque du christianisme », n° 29, p. 230. Édigraphie, 06/2015.

Une présence littorale des missions chrétiennes en Afrique, 1630-1860

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Premières installations de congrégations catholiques et de sociétés protestantes

Source : Comby, J. (1992), Deux mille ans d’évangélisation, Paris/Tournai, Desclée/Gedit, Coll. « Bibliothèque du christianisme », n° 29, p. 230. Édigraphie, 06/2015.

Les marinières, entre outil de propagande et « passeports spirituels »

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Cette photographie montre le détail du message des marinières portées par les fidèles à Béthanie. Le t-shirt/marinière, souvent de couleur jaune, porte l’effigie du fondateur imprimée sur le devant et au dos un slogan reprenant l’un ou l’autre point de son enseignement ou de sa biographie. Le port de ces t-shirts est obligatoire pour pénétrer dans la ville sainte et accéder au mont Kari-Kari, que l’on soit membre ou non ; obligatoire également pour les prières et les dambages.

Photo de Bernard Coyault, Béthanie, mont Bouyengui, près de Brazzaville, Congo, avril 2012.

Le drapeau, symbole de la présence divine

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Le drapeau de l’ASLA à Béthanie est hissé au début de chaque rassemblement à côté du drapeau congolais. Ce lever des couleurs ne relève pas seulement de la théâtralité du mouvement : il opère la sanctification de l’espace cultuel, en plein air. L’étoile jaune représente « l’explosion de la lumière divine qui illumine tous les enfants de Dieu sur terre » ; et le cœur rouge bordeaux apposé sur l’étoile « symbolise les enfants de Dieu sur terre purifiés ayant reçu le baptême du Saint-Esprit (baptême de feu) », tandis que les deux mains qui se saluent « symbolisent l’amour fraternel ».

Photo de Bernard Coyault, Béthanie, mont Bouyengui, près de Brazzaville, Congo, avril 2012.

Une transe collective déclenchée par la pluie

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Lors du grand dambage d’avril 2012 sur le mont Bouyengui, à Nganga-Lingolo, près de Brazzaville, l’arrivée de la pluie déclenche chez les fidèles du mouvement ASLA-OPH un début de transe collective. Des manifestations sporadiques de transes individuelles et collectives ponctuent souvent la cérémonie, signe tangible, pour les participants, de la présence divine et de celle de leur grand maître.

Photo de Bernard Coyault, Béthanie, mont Bouyengui, près de Brazzaville, Congo, avril 2012.

Le mont Bouyengui, second lieu saint du mouvement Louzolo-Amour

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Prise à Béthanie, cinq années après la visite de la cité sainte de Kibossi, cette photographie montre un autre haut lieu du mouvement ASLA-OPH, situé sur le mont Bouyengui, à Nganga-Lingolo, faubourg rural au sud de Brazzaville. Les adeptes de la capitale s’y retrouvent chaque dimanche pour un grand dambage. Construit sur le modèle du mont Kari-Kari, le mont Bouyengui accueille des dambage en plein air. Les adeptes et leurs invités déambulent en tournant autour de la partie centrale du sanctuaire, tantôt à pas lents, tantôt en courant et en dansant, au rythme des chants accompagnés au synthétiseur et percussions et diffusés par une sono puissante.

Photo de Bernard Coyault, Béthanie, mont Bouyengui, près de Brazzaville, Congo, avril 2012.

La ferveur des fidèles

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Dans la cité sainte de Kibossi, lors du pèlerinage de juillet 2007, les fidèles prient le matin à genou. Ceux qui participent à ces prières, rassemblements et enseignements sur les « vérités divines de l’heure » redoublent de ferveur lors des cérémonies de dambage. Certains participants rencontrés affirment apercevoir le grand maître dans les reflets du soleil, lequel est aussi symbolisé sur le drapeau du mouvement.

Photo de Bernard Coyault, Kibossi, Congo, juillet 2007.

La « deuxième nation de l’Éternel »

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Cette photographie a été prise sur le mont Kari-Kari, la « montagne sainte », lieu de multiples révélations, lors du pèlerinage de juillet 2007. Elle montre Caroline M.N., porte-parole du grand maître de l’ASLA-OPH et figure nationale du mouvement. Elle porte un t-shirt jaune avec sur le devant l’effigie du chef religieux et, au dos, un slogan relatif à une grande date du mouvement. Cette prise de vue permet de lire le message religieux inscrit sur la banderole, au second plan : « Nous sommes la deuxième nation de l’Éternel parce que Dieu est venu s’installer éternellement au Congo-Brazzaville, plus exactement au mont Kari-Kari. »

Photo de Bernard Coyault, Kibossi, Congo juillet 2007.

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Photo Cédric Mayrargue, Porto-Novo, Bénin, janvier 2012.

La valorisation de la richesse et la quête de prospérité

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Certaines Églises mettent l’accent sur la réussite personnelle, y compris matérielle et financière. L’enrichissement y est valorisé, car vu comme un signe de bénédiction divine pour peu que le fidèle « donne » correctement à Dieu (donc à son Église et aux pasteurs). La prospérité est un maître mot des prédications et des activités qui se déroulent dans ces mouvements. La fréquentation de ces Églises peut alors accompagner des parcours d’ascension sociale individuelle et la diffusion d’une culture entrepreneuriale. Cette photo a été prise à l’intérieur d’un lieu de culte du Ministère chrétien de la foi agissante localisé au quartier Ganhi à Cotonou. L’espace, situé dans un immeuble, est notamment fréquenté par une population issue de la classe moyenne émergente (commerçant(e)s, fonctionnaires, cadres). On remarque au premier plan les confortables fauteuils réservés aux officiants et aux invités de marque.

Photo de Camilla Strandsbjerg, Cotonou, Bénin, février 2013.

La dissémination du message évangélique

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À côté des activités régulières proposées par les Églises (cultes, études bibliques), des mouvements évangéliques organisent régulièrement des programmes spéciaux : croisades d’évangélisation, nuits de prière, soirées de délivrance, etc. Ces activités, qui se déroulent en dehors des lieux de culte, permettent aux groupes d’investir ponctuellement des espaces profanes confessionnellement neutres (maisons des jeunes, palais des sports, stades, voire places publiques ou friches urbaines). En fonction de l’importance de la structure organisatrice, ces activités peuvent être annoncées à grand renfort d’affiches et de communiqués dans les médias. Ainsi de cette « nuit de puissance et de miracles », organisée en mars 2013 à la Maison du peuple du quartier Akpakpa de Cotonou par un mouvement créé au Bénin en 1995 et baptisé Mission internationale pour la restauration humaine et l’évangélisation.

Photo de Camilla Strandsbjerg, Cotonou, Bénin, février 2013.

Une offre évangélique diversifiée

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Depuis les années 1980, l’offre évangélique et pentecôtiste s’est considérablement diversifiée au Bénin, notamment du fait de l’arrivée d’Églises et de prédicateurs provenant d’autres pays d’Afrique, Nigeria et Ghana tout particulièrement. Le Ministère chrétien de la foi agissante (Christian Action Faith Ministry) est une importante structure ghanéenne, connue également par le nom de son Église, Action Chapel (AC), fondée en 1979. Son pasteur fondateur, Nicholas Duncan-Williams, est une figure marquante de la mouvance charismatique en Afrique de l’Ouest, qui suivit les enseignements du pasteur nigérian Benson Idahosa. Il est représenté ici, sur l’illustration de gauche, en train de prêcher. Active au Bénin, notamment à Cotonou, cette Église dispose de plusieurs lieux de culte et propose de multiples activités, comme ici dans sa paroisse du quartier Fidjrossé.

Photo de Camilla Strandsbjerg, Cotonou, Bénin, février 2013.

Le pasteur Alla Abraham Sourkou prie pour le candidat Alassane Ouattara

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Le 21 octobre 2010, dix jours avant le premier tour du scrutin présidentiel, un groupe de pasteurs se déplaça à l’Hôtel du Golf, quartier général de campagne du Rassemblement des républicains (RDR), parti d’Alassane Ouattara, pour bénir ce dernier et prier pour son succès électoral. À droite figure le pasteur Alla Sourkou, auteur en 2011 d’un recueil de prophéties sur le destin présidentiel de Ouattara. À gauche de Dominique Ouattara, épouse catholique du candidat, se tient Cécile Payne, secrétaire nationale du RDR en charge des relations avec les cultes chrétiens.

Photo parue dans le journal Le Patriote, Côte d’Ivoire, 22 octobre 2010.

« Homme statuette », pentecôtiste et nationaliste

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Fin décembre 2010, l’Association des femmes chrétiennes de Côte d’Ivoire organisa un sit-in de prières en soutien à Laurent Gbagbo, transformant la place de la République à Abidjan en lieu de culte à ciel ouvert. Dans les mains des fidèles, bibles et drapeaux ivoiriens. Une pantomime ou « homme-statuette » incarne le message collectif d’une Côte d’Ivoire souverainiste (corps peint aux couleurs du drapeau national, planchettes de cartes du pays), délivrée de la servitude des tutelles étrangères (les chaînes rompues aux poignets, rappel du jubilée biblique), croyante et soumise à Dieu (le livre des Saintes Écritures). Sur le canari posé sur la tête de la pantomime est inscrit « Y a rien en face », slogan de campagne de l’alliance pro-Gbagbo, dite de la « majorité présidentielle ». Le sigle LMP et le nom Gbagbo figurent sur la carte attachée au canari. Tracé à même le torse, le slogan « Respecte la constitution » incarne la fusion des ferveurs pentecôtiste et nationaliste.

Photo de Luc Gnago, Abidjan, Côte d’Ivoire, 27 décembre 2010.

Le persiflage du caricaturiste : « Laurent Gbagbo à Dieu et à diable »

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Damien Glez est un dessinateur de presse franco-burkinabè, dont les dessins paraissent au Burkina Faso, dans le reste de l’Afrique, en Europe et aux États-Unis. Ce dessin est initialement paru sur le site de Slate Afrique, le 1er avril 2011, à l’appui d’un texte inédit du caricaturiste intitulé « Gbagbo candidat au martyr chrétien ? ».

Dessin de Damien Glez paru sur le site Slate Afrique, 1er avril 2011.

Le prophète Malachie en « une » d’un quotidien ivoirien

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Une certaine presse ivoirienne, dont fait partie Le Jour Plus, relaie des informations religieuses, avec un attrait marqué pour le sensationnel, pouvant souvent figurer en première page (ici l’édition du 22 août 2012). Cette presse fit ses choux gras des révélations de Malachie Koné et d’autres pasteurs-prophètes. De nombreux Ivoiriens ne pratiquent que la « titrologie », c’est-à-dire la lecture des seules « unes » des journaux nationaux, punaisés par le vendeur de rue sur une planche en bois. Des groupes éphémères peuvent se former autour de ces placardages de « unes » et occasionner des causeries.

« une » du journal Le Jour Plus, Côte d’Ivoire, édition du 22 août 2012.

Les fidèles enquêtés selon leur avis portant sur ce qui divise l’Église

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Réponses des enquêtés à la question : « L’unité entre Églises protestantes pentecôtistes et Églises protestantes traditionnelles est-elle possible ? »

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Perception de la notion de « Mission » par les enquêtés

Le départ du fondateur de La Borne

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La megachurch kinoise pentecôtiste La Borne pleure la mort du fondateur et missionnaire pentecôtistes suisses, Jacques Vernaud (1932-2011). Devant un cercueil en bois aggloméré, avant l’inhumation dans la terre de Kinshasa, ses fidèles se rassemblent pour un dernier hommage. Des caméras filment l’événement organisé par les Assemblées de Dieu du Congo RDC, le 11 octobre 2011.

Photo de la megachurch La Borne, Kinshasa, RDC, 11 octobre 2011.

La pentecôtisation du culte protestant

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Cette photographie montre l’intérieur de la paroisse internationale protestante de Kinshasa, cathédrale du centenaire protestant. Il s’agit d’un service de culte d’adoration à la manière pentecôtiste, où chaque participant prend une position selon que l’Esprit Saint le conduit à se mettre assis, debout, ou à genoux, etc.

Photo de Sébastien KALOMBO Kapuku, Kinshasa, RDC, 2015.

Un édifice protestant monumental

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Cette photographie représente la façade de la paroisse internationale protestante de Kinshasa, cathédrale du centenaire protestant, un haut lieu du protestantisme dans la capitale congolaise. Elle est située au croisement des avenues Victoire et Libération dans la commune de Lingwala à Kinshasa. Construite en forme de croix, et inaugurée le 14 août 1994, cette cathédrale monumentale a une capacité d’accueil de 12 000 personnes, mesure 100 mètres de long, 75 mètres de large et 25 mètres de haut. Sa réalisation a coûté 5 295 000 dollars.

Photo de Sébastien KALOMBO Kapuku, Kinshasa, RDC, 2015.

Une autre offre religieuse

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Cette photographie a été prise à la sortie du culte anglican à la grande cathédrale épiscopalienne All Saints de Juba. Le sermon, finalement bien éloigné du message du festival Hope for a New Nation de Franklin Graham, parle directement aux 300 fidèles rassemblés de leurs traumatismes et de leurs souffrances causés par des années de guerre civile. L’offre de salut chrétien passe avant tout par un long processus de remoralisation de la société sud-soudanaise.

Photo de Sébastien Fath, Juba, Soudan du Sud, 28 octobre 2012.

Petite économie autour d’un événement spectaculaire

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Sur cette photographie, nous voyons un vendeur de morceaux de concombres, de cannes à sucre et autres petits produits de bouche au soir du second jour du festival Hope for a New Nation à Juba.

Photo de Sébastien Fath, Juba, Soudan du Sud, 27 octobre 2012.

Une chorégraphie spectaculaire

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Le 27 octobre 2012, Franklin Graham prêche le message évangélique lors du deuxième jour du festival Hope for a New Nation à Juba. Il est accompagné de son traducteur qui reproduit à l’identique non seulement ses paroles, mais également ses gestes. Franklin Graham diffuse son message devant un parterre d’invités triés sur le volet, assis à sa droite sur l’estrade, dont les principaux ecclésiastiques de la ville.

Photo de Sébastien Fath, Juba, Soudan du Sud, 27 octobre 2012.

La plus grande foule jamais rassemblée au Soudan du Sud

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Cette photographie offre une vue d’ensemble de la foule qui assiste au premier jour, le 26 octobre 2012, du festival Hope for a New Nation, au John Garang Memorial Park, à Juba. C’est dans ce cadre spectaculaire que s’inscrit l’offre de rupture évangélique proposée par Franklin Graham, devant près de 100 000 personnes.

Photo de Sébastien Fath, Juba, Soudan du Sud, 26 octobre 2012.

Graham s’affiche à Juba

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Sur cette route conduisant au John Garang Memorial Park, on distingue trois marqueurs de l’urbanité sud-soudanaise récente : un 4 x 4 rutilant (de la nomenklatura au pouvoir ou du personnel ONG), des boda-boda (taxi mobylette) et un affichage publicitaire présentant d’un côté le festival Hope for a New Nation, de l’autre un fournisseur d’accès Internet qui promeut l’éducation.

Photo de Sébastien Fath, Juba, Soudan du Sud, 26 octobre 2012.

Les chrétiens dans le monde, 2010

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Pourcentages de chrétiens par rapport à la population totale par pays, 2007

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Pourcentage des évangéliques et pentecôtistes par pays, 2007

Une machine de guerre issue du grand banditisme rural transfrontalier

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Les stratégies guerrières s’inventent aujourd’hui dans le Sahel. Mais les techniques de guerre de Boko Haram sont directement issues des pratiques de coupeurs route qui les ont précédés et d’éléments qu’ils ont incorporés dans leurs rangs, tout comme le faisait la Seleka en République centrafricaine. Comme nous pouvons le voir sur ce dessin, l’expédition qui passe la frontière est composée de quatre-vingt-dix combattants montés sur trente motos (trois par moto).

Dessin de Christian Seignobos, 2015.

Contrôle et influence transfrontalière de Boko Haram en 2015

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Carte des toponymes cités dans l’article

Cette carte montre les zones contrôlées et sous influence de Boko Haram au Nigeria et à l’extrême nord du Cameroun. Elle permet également de situer géographiquement les toponymes cités dans l’article de Christian Seignobos. Au Cameroun, la zone sous influence de Boko Haram court sur environ 10 km, distance qu’un homme peut facilement parcourir à pied la nuit. Les officiels camerounais ont eux interdiction de se prendre à moins de 30 km de la frontière avec le Nigeria, zone appelée « zone d’insécurité des 30 km ».

Sources : IGN et données de Christian Seignobos, 2015. Édigraphie, 06/2015.

Boko Haram, une cosaquerie motorisée

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La moto chinoise est consubstantielle à Boko Haram. Elle est la reine des batailles. Le conducteur, « cascadeur », assis sur le réservoir tient le guidon légèrement relevé, le passager à l’autre extrémité sur le prolongement métallique du siège est le « mitrailleur », le troisième au milieu indique les cibles et alimente en munitions. Cette cosaquerie motorisée qui associe moto chinoise, kalachnikov et téléphone portable se révèle particulièrement efficace, particulièrement face à l’armée qui, ne pouvant opposer de voltigeurs motorisés, est en retard d’une guérilla.

Dessin de Christian Seignobos, 2015.

Paysage de Ldoubam

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Au premier plan, des ruines végétales d’Acacia ataxacantha recouvrent des lignes d’Euphorbia unispina. Aujourd’hui réduites à de simples haies, elles canalisent le bétail. Les toitures mafa sont couvertes de cannes de petit mil, celles tôlées sont encore rares. Dans les années 1914-1919, les razzias des Peuls de Madagali s’accompagnaient d’incendies de quartiers entiers. Elles étaient à ce point régulières que les Mafa de Dloubam et de Magoumaz renonçaient à couvrir leurs toitures ne laissant que le cône de terre qui soutenait les litages de chaume. Boko Haram, dans ses raids, incendie systématiquement les villages insoumis.

Dessin de Christian Seignobos, 2015.

Les monts Mandara, une zone transfrontalière poreuse entre Nigeria et Cameroun

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Carte du relief et des groupes ethnolinguistiques

Cette carte du relief, à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun, représente l’altitude moyenne de cette région, sanctuaire pour les combattants de Boko Haram. Par manque d’informations sûres et vérifiées, nous n’avons pas pu noter sur la carte les bases et les campements de la secte. Nous avons privilégié la représentation de l’environnement montagneux transfrontalier caractéristique des monts Mandara.

Sources : IGN et données de Christian Seignobos, 2015. Édigraphie, 06/2015

Les monts Mandara à cheval sur la frontière entre Nigeria et Cameroun

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Carte de situation

Cette carte de situation inscrit dans une géographie le phénomène Boko Haram, dans les zones montagneuses, appelées monts Mandara, à la frontière entre le Nigeria et le Cameroun.

Sources : IGN et données de Christian Seignobos, 2015. Édigraphie, 06/2015

© Jean-Pierre Bat, 2015.

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© Jean-Pierre Bat, 2015.

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© Sariette Batibonak, 2012

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© Sariette Batibonak, 2014

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© Sariette Batibonak, 2013

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Poids des régions dans le mouvement charismatique en Éthiopie, 2013

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Densités régionales des pentecôtistes, 2013


 
Page 7 à 9

Éditorial

Jean-Bernard Véron

 

Les nouveaux christianismes en Afrique

Page 13 à 26

Les nouveaux christianismes en Afrique

Introduction thématique

Sébastien Fath et Cédric Mayrargue

 
Page 27 à 49

Croisade de Franklin Graham au Soudan du Sud

Impacts et limites de l’offre évangélique américaine

Sébastien Fath

 
Page 51 à 71

La pentecôtisation du protestantisme à Kinshasa

Sébastien Kalombo Kapuku

 
Page 73 à 90

Apocalypse patriotique en Côte d’Ivoire

Le pentecôtisme de la démesure

Marie Miran-Guyon

 
Page 91 à 108

Les christianismes contemporains au Bénin au défi de la pluralisation

Dynamiques d’expansion et porosité religieuse

Cédric Mayrargue

 
Page 109 à 129

Innovation religieuse et esthétique prophétique au Congo

L’émergence du mouvement Louzolo-Amour

Bernard Coyault

 

Repères

Page 132 à 134

Le temps long de la christianisation en Afrique

Jean-François Zorn

 
Page 135 à 137

Itinérance prosélyte, territoires circulatoires et économie religieuse

Pour une ethnographie de la circulation des pasteurs

Sarah Demart

 
Page 138 à 139

Églises africaines à l’affiche à Paris

Approche quantitative d’une imagerie religieuse

Baptiste Coulmont

 
Page 140 à 142

Mouvement charismatique et pentecôtisme en Éthiopie

Une progression fulgurante ?

Serge Dewel

 
Page 143 à 144

Megachurches et « Églises portatives » au Cameroun

Un trait commun : une lutte anti-sorcellaire farouche

Sariette Batibonak

 
Page 145 à 146

Les Églises de réveil au Congo-Brazzaville

Entre nationalisme et religiosité

Jean-Pierre Bat

 

Actualités africaines

Page 149 à 169

Boko Haram : innovations guerrières depuis les monts Mandara

Cosaquerie motorisée et islamisation forcée

Christian Seignobos

 

Colloque

Page 173 à 180

Les exclusions paysannes

Quels impacts sur le marché international du travail ?

Pierre Jacquemot

 

Notes de lecture

Page 183 à 185

Damien Mottier. Une ethnographie des pentecôtismes africains en France. Le temps des prophètes

Sébastien Fath

 
Page 186 à 188

Erik Orsenna. Mali, ô Mali

Jean-Bernard Véron

 
Page 189 à 191

Catherine Boone. Property and Political Order in Africa. Land Rights and the Structure of Politics

Mehdi Labzaé

 
Page 192 à 195

Serge Daniel. Les Mafias du Mali. Trafics et terrorisme au Sahel

André Bourgeot

 
Page 196 à 197

Gregor Mathias. Les Guerres africaines de François Hollande

Yves Gounin

 
Page 198 à 200

Saïd Bouamama. Figures de la révolution africaine. De Kenyatta à Sankara

Anaïs Angelo

 
Page 201 à 203

Sylvie Brunel. L’Afrique est-elle si bien partie ?

Pierre Jacquemot

 
Page 204 à 206

Jean Copans. Georges Balandier. Un anthropologue en première ligne

Philippe Hugon

 
Page 207 à 209

Robert Wiren. Somaliland, pays en quarantaine

Jean-Bernard Véron

 
Page 210 à 213

Éric Vuillard. Congo

Florian Alix

Fiche technique de ce numéro

  • Afrique contemporaine
    n° 252, 2014/4 - 224 pages
  • I.S.B.N. : 9782807300712