Au Maroc, l’épreuve politique d’une industrialisation importée

par Alain Piveteau

Le Maroc s’est doté d’une stratégie d’émergence industrielle au milieu de la décennie 2000. Cette « politique industrielle », que l’article passe en revue au regard de l’histoire longue de l’industrie au Maroc, vise explicitement la diversification de l’économie par l’attraction des investissements directs à l’étranger (IDE) et l’amélioration de la compétitivité externe de l’industrie. Elle combine grands projets infrastructurels et programmes de modernisation industrielle. En dépit de réels succès sectoriels, comme dans l’automobile ou l’aéronautique, le bilan insuffisant des deux premiers Plan et Pacte pour l’émergence a cependant conduit l’État marocain à ajuster son approche au travers du Plan d’accélération industrielle (PAI 2014-2020). La logique d’écosystème promue par le PAI se trouvera confirmée si elle parvient à accroître les relations industrielles (production, formation, technologie) entre les TPME/PME locales et les grandes entreprises à participation étrangère leaders des chaînes de valeur mondiales (CVM). Elle le sera moins si, en pratique, elle est réduite à une politique volontariste d’attraction de chaînons manquants des CVM présentes au Maroc, sans parvenir à y adosser le développement des capacités nationales.




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