« À comportement du berger, réponse du mouton » ?

par Benoît Beucher

En octobre 2014, un soulèvement populaire a fait tomber un régime, celui du président du Burkina Faso Blaise Compaoré, au pouvoir depuis vingt-sept ans. Bien des analyses ont mis en lumière le rôle qu’y ont joué des organisations de la société civile, des partis d’opposition ou des syndicats. Pour certains observateurs, les tensions internes au parti présidentiel, son délitement, ont été une cause majeure de la chute du président. Nos propres observations sur le terrain nous conduisent à explorer une dimension qui paraît avoir été en partie négligée dans les analyses. En effet, dans cet article, nous souhaitons montrer que cet événement s’inscrit dans le contexte d’une lente réappropriation populaire d’un ethos et d’une éthique nationaux, celui du Burkinabè ou « homme intègre ». Il montre comment cet imaginaire national a été converti par le bas en langage et en mode d’action politiques.




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