Chronique d’un siège

par Christian Seignobos

Pour échapper aux images des médias concernant Boko Haram, il convient de redéfinir les contours de ce soulèvement islamiste, rappeler ses bases sociales entre guildes de métiers et mosquées populeuses, revenir sur sa structuration religieuse qui, en dépit de la rétraction de ses espaces territoriaux de conquête, n’en garde pas moins son élan mystique, renforçant même ses « vocations » au martyr. Quelques groupes de Boko Haram ont fait le choix de se replier sur le lac Tchad dès 2014, précédant la mise en place, contre eux, de la coalition du Nigeria et de ses voisins. Cette occupation du lac par Boko Haram pose un véritable problème sécuritaire régional. Désormais, le lac est devenu l’épicentre de la violence armée. Niger et Tchad y répondent en cherchant à vider de leurs habitants leurs parties du lac respectives, le Nigeria en verrouillant le lac, alors que le Cameroun est resté sans réaction. La réponse sécuritaire des États engagés contre Boko Haram a grandement aggravé le désastre économique actuel.




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