Accompagner la mobilité pastorale au Tchad

par Saverio Krätli

      Marie Monimart

      Blamah Jalloh

      Jeremy Swift

      Ced Hesse

Cet article est basé sur l’évaluation de vingt ans d’interventions en hydraulique pastorale au Tchad soutenues par une agence de coopération internationale pour le développement. Il met en évidence un changement radical d’approche chez les bailleurs de fond et les pouvoirs publics : de la vision de la fourniture d’eau comme une fin en soi (sectorielle) à celle de l’eau comme moyen de sécuriser la mobilité pastorale (systémique). Dans la pratique, cela se traduit par un engagement dans des projets à vaste échelle de temps et d’espace, par une détermination à reconnaître leur contexte socio-économique, en soutenant les institutions coutumières concernées, et par la promotion de la complémentarité des systèmes de production impliqués. Cette expérience offre des leçons utiles pour instaurer la sécurité au Sahel et pour relever le défi de la modernisation des systèmes pastoraux en les renforçant et non en les démantelant.




Cartes et photos associées
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Cette prise de vue a été réalisée en mai 2012 dans la sous-préfecture de Nokou, dans la région du Kanem au centre-ouest du Tchad. Elle montre une réunion de concertation entre les différents représentants traditionnels des pasteurs, assis sur un tapis, à droite de la photographie, et les autorités administratives de la zone, assises sur des chaises, à gauche. Cette réunion de concertation conjointe avait pour objet l’identification des besoins en eau de la sous-préfecture de Nokou et montre l’importance du dialogue entre les pasteurs usagers et l’État.

Photo d’Abdellatif Fizzani, région de Kanem, Tchad, mai 2012.

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Cette photographie a été prise au Nord-Batha, dans la région du Batha, au centre du Tchad. Ce puits pastoral a été construit par l’État et appartient à l’État, mais sa gestion est confiée aux usagers pasteurs qui l’utilisent et, le plus souvent, résident dans la zone. Les animaux que l’on voit au troisième plan appartiennent à ces pasteurs et servent de traction pour l’exhaure de l’eau d’abreuvage des animaux. C’est un puits à six fourches, un type de puits très rare. Les six fourches en activité signifient que six troupeaux appartenant à des propriétaires différents sont abreuvés en même temps. Trois à quatre fourches concomitantes sont déjà considérées comme répondant à une forte demande ; les risques d’incidents (puisettes ou cordes qui s’emmêlent) ou d’accidents (bousculades, bagarres d’animaux, conflits, voire chutes dans le puits) sont multipliés. Le besoin en eau dans cette zone est donc grand du fait de la rareté des puits. Les six fourches sont les signes d’un puits très sollicité et qui a un très bon débit.

Photo d’Abdellatif Fizzani, région de Batha, Tchad, 2012.

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Intervention et ouvrages d’un bailleur extérieur, 2012

Cette carte, associé au tableau ci-contre, permet de visualiser l’ensemble des projets d’hydraulique pastorale financés par l’AFD au Tchad et l’évolution chronologique de la mise en place de ces différents projets depuis 1993. Ces deux documents montrent le glissement progressif vers le Sud et l’Ouest de l’action de l’AFD dans ce secteur.

Source : ERE Développement, Évaluation rétrospective de deux projets d’hydraulique pastorale au Tchad central phase 1 (AAA1) et au Tchad oriental phase 3 (AB3), rapport final, juin 2012. Édigraphie, 04/2014.

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