Le rêve de Largeau, pacifier et développer l’est du Tchad

par Johanne Favre

Dans l’est du Tchad, la présence des acteurs internationaux se justifie par des fragilités qui marquent le territoire depuis des décennies : dégradation environnementale, insécurité alimentaire, violence récurrente. Mais c’est une crise humanitaire aiguë, résultant des conséquences de la guerre au Darfour voisin et d’un blocage politique interne, qui frappe désormais la région. Et le paradoxe de l’action internationale est qu’elle n’apporte pas de solutions à ces fragilités : l’installation des camps de réfugiés en milieu sahélien accroît la pression sur l’environnement ; l’aide alimentaire enferme la région dans la dépendance ; les interventions militaires ne viennent pas à bout de l’insécurité. Finalement, la pérennisation de la présence internationale exacerbe les fragilités régionales : elle contribue à la démission de l’État, à la perpétuation de la guerre et au rejet de l’Occident.




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