La gestion communautaire de la faune sauvage comme facteur de reconsidération de la privatisation et de la marchandisation des ressources naturelles ? Le cas du tourisme cynégétique en Afrique sub-saharienne

par Pierre-Armand Roulet

En Afrique sub-saharienne, le tourisme cynégétique – ou chasse sportive – est devenu depuis la fin des années 1980 un outil de certains programmes de gestion participative de la faune sauvage.
Alors que l’histoire de la cynégétique occidentale renvoie plutôt à des conceptions excluantes de la conservation au travers des mises en concession, des enjeux majeurs d’appropriation des ressources et de l’espace sont sous-jacents derrière ces modèles participatifs optant pour des partenariats multi-acteurs sur des bases se voulant plus démocratiques.
Malgré les avancées indéniables qu’ils représentent en faveur d’une certaine forme de participation des populations, ces programmes occasionnent toujours la persistance de blocages à une réelle réappropriation locale des droits d’usage directs de la ressource et de l’espace.
L’apparent désengagement de l’état de la gestion et de l’aménagement du territoire au travers des processus de décentralisation qui gouvernent ces nouveaux modèles, associé aux logiques de privatisation et de marchandisation des ressources au bénéfice de réseaux cynégétiques transnationaux, sont autant de facteurs mettant en évidence la perte de capacité du niveau local à influer sur son propre destin, que ce soit pour préserver les ressources biologiques ou pour améliorer les conditions de vie des populations concernées.




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